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Pseudo: CASBAHCatégorie: Littérature, poésieDescription:
L'histoire d'El Djazair el Mahroussa, les us et coutumes des ses habitants, les Casbadjis. Avant et pendant la colonisation française et....d'autres histoires !
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Lundi 10 Décembre 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1830, DATE MALEFIQUE

 D’ un orange doré, il disparaissait lentement à l’horizon paraissant plonger entre ces deux bleus, l’un azur et l’autre aux reflets argentés, vision quotidienne dont on ne se lasse jamais, laissant place à l’ombre et aux milliers d’étoiles qui brillent au firmament en ce magnifique début de soirée du vendredi 13 juin 1830.

 

Telle une nymphe plongée dans le sommeil de l’innocence, la plage de Sidi Fredj s’offrait ainsi au ciel ne se doutant point de ce qu’elle allait subir.

 Tard dans la nuit, cette vision idyllique fut rompue par des claquements et des craquements qui résonnèrent dans le lointain. Les habitants de ce petit bourg qu’était Sidi Fredj se réveillèrent, apeurés croyant à un tremblement de terre. Vision cauchemardesque !

 Une armada composée de 11 vaisseaux, 24 frégates, 572 navires de commerce affrétés pour le transport des troupes, 37.000 hommes et du matériel, ainsi qu’une flottille de débarquement de 225 bâtiments, était là rassemblée, faisant face à la plage.

En cette nuit du 14 juin 1830, de sinistre mémoire, un voile sombre allait couvrir l’Algérie pendant plus d’un siècle.

A la pointe du jour, des barques furent mises à l’eau chargées de soudards armés jusqu’aux dents qui ramèrent en ahanant vers la plage.

Un long gémissement, une longue plainte montèrent jusqu’au ciel, faisant fuir les mouettes. Cri de détresse, cri impuissant devant cette agression.

Dans les premières heures qui suivirent, les premiers 10.000 hommes, des  3divisions et leurs 8 pièces d’artillerie violèrent le sol algérien pour y porter la mort et la désolation.

Jour fatidique, marqué au fer rouge dans nos mémoires à jamais. L’Algérie vient d’être violentée !

Ayant repris leurs esprits, les habitants commencèrent à organiser leur défense, malgré leurs faibles moyens. Question de survie ! mais devant une telle puissance de feu c’était David contre Goliath, issue inéluctable.

 Après quelques escarmouches et ayant consolidés leur position sur la plage de Sidi Fredj, l’armée d’occident, continua à débarquer ses troupes et son matériel pendant les jours qui suivirent, gênées uniquement le lundi  16 juin par un violent vent du Nord-Ouest, qui mit sérieusement la flotte en danger et qui rappela l’expédition avortée de Charles Quint.

Au bout de ces quelques jours, la presqu’île de Sidi Fredj ressemblait à un camp retranché avec ses magasins, ses hôpitaux de campagne et ses fours à pain.

Ensuite, les premiers envahisseurs, sous un soleil matinal, se mirent en branle vers EL DJAZAIR EL MAHROUSSA (ALGER), distante de quelques 20 kilomètres, trajet sur lequel ils durent livrer bataille dès les premiers kilomètres, à Staouéli et Sidi Khalef.

Sous les cris de ALLAH OUAKBAR, les valeureux guerriers berbères au teint basané par le soleil méditerranéen, armés de fusils et d’épées, chevauchant leurs destriers, turbans au vent, livrèrent une bataille acharnée dans le bourg de Staouéli, ne laissant aucun répit à l’ennemi , légers comme le vent ils virevoltaient de droite et de gauche, sabrant et pourfendant, insaisissables, ils semèrent la mort et le désarroi dans le camp ennemi, mais ce dernier, le premier choc passé, reprit du poil de la bête et retourna la situation en sa faveur.

Après plusieurs heures d’un combat inégal, des cris de détresse et de douleur, des pleurs même, fusèrent du champ de bataille empli de corps ensanglantés, hommes et bêtes mutilés à jamais par la folie de certains hommes qui ne s’aventurent jamais sur les champs de bataille.  

 Un des valeureux guerrier berbère, prisonnier, questionna un général quant à cette invasion :

 -         Qu’êtes vous venus faire ici ? dit-il

-         Nous sommes venus vous délivrer du joug des turcs, répondit le général.

-         Nous sommes nous plaint à vous que nous étions sous le joug des turcs ? rétorqua notre guerrier

-         Non, mais tout le monde le sait,

-         Combien êtes vous d’hommes ici ? questionna le berbère

-         Quarante mille, et nous en attendons encore quarante mille, lui répondit l’envahisseur

-         Et de quel droit venez vous nous détruire et prendre notre ville ?

-         Parce que ton Dey a manqué de respect au roi de France, répondit calmement le général,

-         Pas du tout, comment  pouvez prendre les armes contre tout un peuple parce que notre Dey a eu dispute avec votre consul, homme insolent, turbulent et marchand, ce n’est juste.

Cette discussion met en lumière le fallacieux prétexte de Charles X.

 Au petit matin du 29 juin, les trois divisions reprirent leur marche funèbre vers EL BAHDJA à travers la plaine de la Mitidja couverte d’un épais brouillard qui trompa le chef d’état major quant à la position exacte d’Alger.

Cette armée si bien équipée et si bien entraînée et qui se permet d’envahir un pays souverain, maître du bassin méditerranéen, a frôlée le désastre en arrivant sur les hauteurs de la BOUZAREAh , se perdant et s’entremêlant dans les profonds ravins d cette région. Il en résulta une grande confusion, mais qui, malheureusement ne profita pas aux autochtones. 

 Fatigue, peur de cet ennemi inconnu dont elle avait déjà testé la valeur, la horde épuisée, repris difficilement sa marche vers Alger. La tactique était simple, attaquer la ville dans le dos, par les hauteurs qui étaient défendues par un fort appelé Bordj Moulay Hassan ou Bord Etaous (actuel Fort l’Empereur) qui dominait les hauteurs de la Casbah , seule position avancée.

En ce jour malheureux du 4 juillet 1830, le fort, défendu par 800 turcs et 1.200 algérois, subit les premières salves d’artillerie et au bout de quelques heures, après une résistance acharnée, les murailles, sous ce déluge de feu commencèrent à s’écrouler. 

Soudain une formidable explosion se produisit couvrant le bruit des canons ; d’immenses flammes et des nuages de fumée montèrent jusqu’au ciel en projetant d’énormes pierres : les turcs avant de battre en retraite firent sauter leur poudrière.

Les assaillant s’introduisirent par la brèche ainsi produite par l’explosion et prirent possession du fort. Des cris de victoire survolèrent tels des corbeaux annonçant un grand malheur, ces terrasses où le soir venu, les belles algéroises, un verre de thé à la main profitaient des derniers rayons de soleil baignant la magnifique baie d’El Djzair Ben Mezghena.L

Les canons se turent et un lourd silence pesa sur la ville, silence de mauvaise augure, les habitants de la Casbah ne se firent plus d’illusion quant à l’issue de ce drame. Résignés, ils s’enfermèrent chez eux, dans leurs magnifiques « douérates », s’attendant au pire.

 L’après midi, le consul d’Angleterre, Saint-John accompagné du secrétaire du Dey, proposa sa médiation mais Bourmont refusa d’un ton sec, puis le général Desprez rédigea le texte de la capitulation qu’il remit à un de ses interprètes pour le remettre au Dey.

 Le lendemain matin, soit le 5 juillet 1830 , la capitulation d’El Djazair la fière, fut signé.

 Une page noire de notre histoire commençait !

 Voici le texte intégral de la capitulation de la Régence d’EL Djazair, signée le 05 juillet 1830. 

 «  1 – Le fort e la Casbah , tous les autres forts qui dépendent d’Alger et le port, de cette ville seront remis aux troupes françaises le  5juillet à midi. 

  2 -  Le général en chef de l’armée française s’engage envers son Altesse le Dey d’Alger à lui laisser la liberté et la possession de ce qui lui appartient personnellement.

 3 – Le Dey sera libre de se retirer avec sa famille dans le lieu qu’il fixera et, tant qu’il     restera à Alger, il y sera, lui et toute sa famille, sous la protection du général en chef de l’armée française ; une garde garantira la sûreté de sa personne et celle de sa famille.

 4 – Le général en chef assure à tous les soldats de la milice les mêmes avantages et la  même protection

 5 – L’exercice de la religion mahométane restera libre ; la liberté de toutes les classes, leur religion, leur commerce et leur industrie ne recevront aucun atteinte, leurs femmes     seront respectées ; le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur

 6 – L’échange de cette convention sera faite le 5  avant midi. Les troupes françaises   entreront aussitôt  après dans la casbah et successivement dans tous les autres forts de la ville et de la marine »

 Dans la même journée, les troupes vêtues de rouges entrèrent dans la Casbah par la « Porte Neuve » en désordre sans panache aucun ni solennité.

Certains livres d’histoires de notre enfance justifiaient un tel acte par le fameux «  coup d’éventail » donné à l’ambassadeur de France par le Dey d’Alger, Hussein ibn El Hussein, mais que nenni, la vérité est plutôt mercantile.

 A cette époque là, la Régence d’El Djazair vendait du blé à la France par l’intermédiaire de deux négociants algérois de confession juive, Bacri et Busnach.

 Ces derniers négocièrent avec la France la vente d’une cargaison de blé pour une somme de 24 millions de francs de l’époque, soit trois fois le prix normal, le Dey Hussein créditeur de ces deux négociants et suite aussi à leur plainte pour non recouvrement de leurs créances, réclame la somme à Louis XVIII, mais ce dernier ne daigne pas répondre et le 30 avril 1827, le Dey d’El Djazair ne recevant pas réponse, excédé, convoque le consul Pierre Duval pour avoir des éclaircissements. La discussion s’envenime et le dey, suivant le protocole oriental, se lève et ordonne au consul de sortir. Ce dernier ne bougeant pas, le dey le frappe alors avec son éventail.

 Des excuses sont demandées, mais le dey refuse étant dans son bon droit. Les relations diplomatiques sont rompues. 

 Il est intéressant de noter que le dey Hussein soupçonnait le consul de France d’être de connivence avec les deux négociants juifs. 

 Ce « crime de lèse majesté », prétexte pour envahir notre pays, n’était que l’arbre qui cache la forêt.    

 Le véritable but de cette invasion était plutôt d’ordre économique, politique et surtout mafieux.  A cette époque, l’empire français avait d’énormes difficultés économiques et était presque en cessation de paiement de ses dettes. En plus il avait peur d’une révolution en son sein. Mais le vrai et réel motif de cette invasion était de s’accaparer du fabuleux trésor de la Régence d’Alger, accumulé tout au long des années, grâce aux exploits de nos valeureux marins, que l’on traitaient à tort, à l’époque de pirates et de barbares mais lequel est le  barbare ?  

 En cette mis juin 2007, Sidi Fredj se réveille sous un ciel bleu azur qui se confond avec la mer, bercée par le bruit des vagues qui viennent mourir sur la plage au sable fin. 

 En ce début d’été, la presqu’île s’apprête à accueillir les premiers estivants de la saison où elle revivra aux cris joyeux des enfants qui pataugent dans l’eau sous l’œil vigilant de leurs parents.

 La plage se remplit peu à peu d’estivants venus de tous les pays pour profiter de ce magnifique complexe touristique, fleuron architectural, construit là, comme pour faire un pied de nez à l’histoire.

Ainsi sont les aléas de l’histoire, une page est tournée en espérant que la sages des hommes l’emportera sur leur folie.

                                                                                          S. MORSELY

publié par morsely dans: morsely
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