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Pseudo: CASBAHCatégorie: Littérature, poésieDescription:
L'histoire d'El Djazair el Mahroussa, les us et coutumes des ses habitants, les Casbadjis. Avant et pendant la colonisation française et....d'autres histoires !
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Dimanche 09 Décembre 2007

 

 

 

EL HADJAM

 

 

Qui de nous ne se rappel les belles nuits d’été sur les terrasses d’El Bahdjah où nos parents préparaient pendant des jours LA fête dans cette atmosphère et cette convivialité propres aux gens modestes mais fiers…., fiers d’appartenir à cette classe et à cette Casbah, si chère à nos cœurs.

 

En ce temps là, nous, hauts comme trois pommes, enfants insouciants courant et jouant ne sachant pas encore que ces réjouissances étaient en notre honneur et qu’était venu, pour nous, le moment de passer de l’enfance à l’age adulte.

 

Durant des jours dans une effervescence et un vas et vient incessant, tous les membres de la famille sont réunis dans cette promiscuité, qu’on oublie pour quelques jours, pour aider à la confection de dizaines de gâteaux et à la préparation du couscous sous l’œil vigilant de la maîtresse de maison.

 

Et , le jour de la fête annoncé, parés d’habits traditionnels ; chéchia, gandoura en satin brodé main, veston en velours brodé d’or scintillant sous les lumières, babouches de cuir et burnous sur les épaules, nous étions les princes d’un soir assis sur un coussin de soie préparé spécialement à cette occasion.

 

Entourés de deux anges gardiens, l’un sur notre gauche et l’autre sur notre droite, tenant dans leurs mains d’immenses bougies aux formes spirales, nous étions là, ébahis et heureux jouissant pleinement de ce merveilleux instant.

 

La terrasse s’emplissait peu à peu d’invités qui prenaient place sur les chaises bien alignées par rangées et faisant face à la fameuse « TINDA », scène décorée avec amour pendant toute la journée ; lampes multicolores, penditifs de jasmin, tapis sur le sol, canapés et coussins, table sur laquelle étaient posées avec art, différentes sortes de gâteaux traditionnels, propres à notre ville.  

   

Comme une mariée, parée de ses plus beaux atours, la scène attendait la venue de son maître ; le Cheikh et son orchestre qui allait animer cette merveilleuse soirée jusqu’au petit matin de ces airs mélodieux au rythme lancinant et envoûtant et dont les paroles des qacaides vous transportaient vers l’attente de l’ être aimé ou bien vous faisant réfléchir sur l’amitié et le sens de la vie. Paroles sages et éternelles qui n’oublient pas les Louanges envers Dieu et Son Prophète (Bénédiction et Paix sur Lui).

 

Dès les premières notes un silence religieux se fit sentir et ont vit arriver le HDJAM avec sa petite trousse.

 

 Il était là pour nous !

 

 

L’orchestre se tu et c’est accompagné par la voix mélodieuse d’une KADAMA déclamant une série de poèmes plus beaux les uns que les autres, qui firent frissonner l’assistance, que le père, beau comme un prince des milles et une nuit, chéchia d’un rouge vif sur la tête, penchée de coté à la mode « Hozia », gilet à la mode turc finement brodé et pantalon large appelé «  séroual el makaada » retenu par une large bande de tissu appelait «  mahazma », les larmes aux yeux, des larmes d émotion, de fierté et de joie, entama le rituel du hénné sur nos petites mains toutes tremblantes.

 

Moment d’intense émotion !

 

Puis après cela, le fameux HADJAM, qui n’était autre que « Ammi Ali » le coiffeur du quartier, pris les choses en main. Cris stridents de douleur, pleurs, embrassades, cajoleries et le tour est joué.

 

Cela n’aura durer que deux ou trois minutes et nous voilà devenus des hommes.  Les youyous montèrent jusqu’au firmament .Messages de la génitrice, fière de son rejeton. Puis les invités se levèrent et dans une longue procession, aspergés d’eau de Cologne, défilèrent devant une corbeille bleu ciel, posée là, à nos pieds, pour recevoir leurs présents.

 

Le rythme de la musique devint de plus en plus léger et presque toute l’assistance se mit à danser sur les airs de hédi, danse algéroise belle et virile réservée aux hommes.

 

Et cela dura ainsi jusqu’au premier appel du Muezzin. L’aube se levait !

 

Eternel recommencement ! Nous perpétuerons cet acte ainsi que nos enfants et leurs petits enfants et cela jusqu’à la fin des temps dans la tradition du Prophète Abraham.

 

 

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