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Pseudo: CASBAHCatégorie: Littérature, poésieDescription:
L'histoire d'El Djazair el Mahroussa, les us et coutumes des ses habitants, les Casbadjis. Avant et pendant la colonisation française et....d'autres histoires !
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Lundi 08 Octobre 2007

 

 

HOLD UP SUR LA REGENCE D ’ALGER

 

 

 

Beaucoup d’encre à coulée depuis 1830 à ce jour. Ecrivains, historiens, chercheurs, tous ont analyser, décortiquer le pourquoi et le comment de l’invasion française de juillet 1830.

 

D’aucun disent que c’est le fameux coup d’éventail, assené par le Dey Hussein au consul de France, d’autres, que c’est le litige commercial qui opposait les deux négociants en céréales, deux juifs, BOUCHNACH ET BACRI, au roi de France en y mêlant le dey, d’autres encore, pensent que la situation politique française de l’époque nécessitait une telle  invasion et enfin ceux pour qui cette invasion était du à la nécessité de combattre la piraterie et de libérer les esclaves.

 

Alors où est la vérité ?

 

Nos livres d’histoires penchent, plutôt,  pour la thèse de l’éventail ; argument fallacieux ! 

 

En fait, le seul mobile du crime c’est le pillage des richesses accumulées tout au long des années par le Régence d’Alger, donc faire main basse sur ces richesse dont le montant avoisinait les quelques 150 millions de l’époque, une véritable manne .

 

Dès la première bataille qui se déroula à Staouali, à quelques kilomètres d’Alger, les prises des français donnèrent un aperçu de la richesse de la Régence , comme en témoignent les écrits de l’officier Merle : «  Les riches dépouilles du camp ennemi, tombées au pouvoir de nos soldats, opérèrent une sorte de révolution dans leur moral ; ils commencèrent à se faire une idée du luxe et des mœurs de l’Orient : ces nouveaux troupeaux de chameaux chargés de butin ; ces tentes magnifiques des beys et de l’aga, enrichies de dessins arabesques appliqués sur des tissus de laine de la plus grande beauté ; ces armes de prix, qui couvraient le champ de bataille ; ces beaux tapis de Smyrne, jetés avec tant de profusion dans tout le camp ; ces brillants uniformes turcs, surchargés d’or et de pierreries, tout était, ce jour là, un objet d’enthousiasme et d’admiration. On se croyait acteur dans un merveilleux contes des Mille et Une Nuits ; et dès ce moment, la conquête d’Alger s’offrit à toutes les imaginations sous les couleurs les plus brillantes. On ne rêvait plus que trésors, que harems et palais. Dès le soir même, on amena au camp de Sidi Ferruch une partie du butin et on rencontrait de tous les cotés des soldats chargés d butin. »  

 

 

Ce témoignage donne un aperçu de ce qu’allait trouver la soldatesque française dans la Casbah d’Alger.

 

Dans la nuit du 2 au 3 juillet 1830, six batteries furent installées faisant face à Fort l’Empereur, dernière forteresse défendant Alger.

 

Dans la nuit du 3 au 4 elles commencèrent leur tir vers 4 heures trente du matin sur le Fort sui surplombe et protège la Casbah dans laquelle se trouvait la résidence du Dey emplit de toutes ses richesses.

 

 

Le chroniqueur de l ‘armée française, témoin des faits, relate : «  le feu du fort a paru se ralentir et l’on a remarqué quelques mouvements extraordinaires dans la garnison. Enfin, vers les dix heures le fort a paru totalement évacué et tout à coup une immense explosion l’a fait entièrement disparaître au milieu d’un tourbillon de fumée et de débris.

 

 

Lorsque le nuage qui en un instant a couvert les environs et les tranchées a été dissipé, éclairci, on a vu que la grande tour du milieu du fort et plusieurs parties latérales de l’enceinte avaient été renversées par l’explosion.

 

 

Le général Hurel qui été de service a donné l’ordre de s’y porter aussitôt avec les troupes de service pour se loger sur les débris. On a occupé non seulement le fort, mais encore les maisons et tout le terrain situé en avant jusqu’au pied du mamelon de l’ancien fort en ruines, des Tagarins. L’ennemi paraissait devoir abandonner toutes ses positions extérieures pour se renfermer dans la vielle ».

 

 

Ces premiers témoignages annoncent d’ores et déjà la capitulation de la Régence d’Alger, le 5 juillet 1830, et le pillage de ses incalculables richesses. Motif de l’invasion.

 

A cette même date, la création, par Bourmont, d’une commission des finances chargée de prendre possession de tous les objets en or et en argent du Trésor de la Régence d’Alger, nous conforte dans l’idée du Hold Up prémédité de la Régence d’Alger.

 

La perfidie ne s’arrêtant pas là, Bourmont faire établir un procès verbal par le Khasnadji dans lequel il est stipulé que le trésor est intacte et qu’il n’existe aucun registre pouvant en déterminer le montant exacte. Chose qui est bien évidemment absurde car la Régence d’Alger tenait une gestion très rigoureuse de ses finances.

 

Ce fameux trésor se trouvait à l’intérieur du Palis du Dey et on y accédait par une voûte qui donnait sur une salle basse dans laquelle étaient entassés plusieurs caisses contenant de Boudjoux, monnaie algérienne de l’époque. Cette première salle s’appelait «  salle du petit trésor ».

 

Dans une seconde salle y étaient entreposé trois grands coffres pleins de boudjoux, de pièces d’or et des lingots d’argent. Au fon de cette salle se trouvaient trois portes donnant à la salle du « Grand Trésor ».

 

La salle du « Grand Trésor » était composée de trois caveaux de vingt mètres cubes chacun et dans celui du milieu y étaient entassées des milliers de pièces d’or et dans les deux autres, des piastres d’Espagne et du Portugal.

 

 

Une semaine après la visite du Trésor de la Régence , par Bourmont, les pillards commencèrent leur sombre besogne, à savoir la comptabilisation de toute cette richesse, digne de la Caverne d’Ali Baba.

 

Le 10 juillet 1830 la commission, nouvellement installée, procède aux premières pesées, soit  4 tonnes et 673 kilos d’or et d’argent sous forme de lingots. Le lendemain, c’est un bloc d’or de 44 kilos et le 12 juillet le tout est emballé et prêt à être envoyer en France.

 

Le 13 juillet 1830 les fruits du premier larcin ; 206 sacs remplis d’argent, pour un poids de 4.673 kilos, un lingot d’or de 44 kilos, 20 caisses de 120 kilos d’or chacune, 22 caisses de 60 kilos chacune et 6 barils de 2000 pièces espagnoles, chacun  furent transbordés sur la frégate Merengo à destination de Toulon.  

 

Cela laisse rêveur !

 

Quatre jours plus tard, la frégate Duquesne emporte dans ses soutes l’équivalent de près de 9 milliard d’Euros en or et argent.

 

Alors, s’installe un véritable pont marin entre Alger et Toulon, qui dura des semaines avec un incessant va et vient de frégates aux soutes remplies à ras bord d’or et d’argent de notre pays.

 

Au mois d’août la frégate Vénus,emporte dans son ventre deux caisses d’argenterie, une caisse de 23,950 kilos d’or et une de 4.930 kilos d’argent.

 

Là n’est qu’une minisimale description dont a été victime notre pays, sans compter les autres richesses des algérois qui vivaient dans un raffinement complet, soie, broderie, tissus, cuir, cuivre, bijoux aux saphirs flamboyants et aux émeraudes scintillantes parant les coups de gazelles des belles algéroises.

 

Et cela n’est que le résultat de quelques jours de présence ennemie. Je vous laisse juge pour ce que fut une présence de 130 ans.

 

Mais ce ne sont là que des bien matériels volés, spoliés, rapinés, soit, mais qui finalement n’ont aucune importance aux yeux du peuple algérien. Ce valeureux peuple , à qui nous rendons un humble hommage en ce mois de juillet 2006, mois de son enchaînement et mois de sa libération, n’ en a  cure de ses biens car s’il a perdu ses biens il n’a jamais perdu son âme.

 

 

Charles X, Bourmont et leurs acolytes ont parfaitement monté leur coup, en professionnels, véritables malfrats organisant un mauvais coup ; non paiement des arriéré d’importation de blé, motif du coup d’éventail, libération des esclaves et des algériens du joug Turc. Manichéen ! Et ils réussirent magistralement leur coup, car, à ce jour, connaissant les coupables, le crime reste impunis.

 

 

Revenons à ce fameux trésor qui faisait frémir de convoitise toute la cour de France et de Navarre. Quant était il vraiment ? Méritait il l’ampleur de tant de massacres durant près d’un siècles et demi ? Méritait il la destruction d’un état, sa mise à sac et l’étouffement d’une civilisation de lumière ? Oui ! La convoitise, la concupiscence et la perfide de l’homme n’ont pas de limite 

 

  

 

 

 

  

 

                                                                                         S. MORSELY

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